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CONVERSATION AVEC UNE CONSULTANTE EN LACTATION CERTIFIEE IBCLC

Janvier 2011.

Le dressing de Maman a récemment rencontré Véronique Darmangeat, consultante en lactation, qui s'est gentiment prêtée au jeu des questions réponses de Léa, jeune maman de deux enfants de 2 et 4 ans, tous deux allaités. Elle nous fait profiter, dans la discussion qui suit, de son expérience avec professionalisme et simplicité.

 

Voici les extraits d'une conversation fort intéressante entre mamans !

 

Le dressing de Maman : Bonjour Véronique, et merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre aux questions de Léa, maman de deux enfants, qui n'en a pas encore totalement "terminé" avec son expérience d'allaitement. Je vous propose que nous lui laissions le soin de débuter la discussion et nous nous laisserons porter par le fil des questions...

Photo de Véronique Darmangeat

Véronique Darmangeat  consultante en lactation certifiée IBCLC

+ de 700 heures de formation

+ de 10 ans de pratique.

 

Maman de deux enfants tous deux allaités.

 

Son site : www.allaiteraparis.fr

 

SON BLOG : "A tire d'ailes" pour les femmes qui allaitent et travaillent.

 

 

   

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Léa : Lorsque j’ai accouché de mon premier enfant, j’ai décidé d’allaiter tardivement (le jour de l’accouchement), je n’y étais donc pas préparée. Que conseillez-vous aux futures mamans pour se préparer au mieux à allaiter, que ce soit d’un point de vue physique, technique ou encore psychologique ?

 

VD : Je pense que le plus important c’est de bien se renseigner sur l’allaitement avant la naissance. Pour cela, on peut lire un bon livre (celui de Jack Newman, l’allaitement comprendre et réussir, est l’un de mes préférés), on peut assister à un atelier sur l’allaitement ou à une réunion d’association de soutien à l’allaitement maternel. On peut également prendre un RDV avec une consultante en lactation. Pour le reste, les seins n’ont pas besoin de préparation à l’allaitement, ils sont fait pour ça…


Léa : Je pensais qu’un bébé trouvait naturellement le sein de sa mère (comme chez les petits mammifères) et savait téter de manière innée. Mon enfant, lui, ouvrait grand la bouche en secouant la tête dans tous les sens mais ne parvenait pas à prendre le sein correctement, il tétait quelques secondes et lâchait prise, puis hurlait et quelques fois, je passais plus de 10 minutes à lui tenir la tête, et à tenter l’installer en bonne position avant qu’il ne réussisse à téter, c’était très décourageant et stressant.

Est-ce que je m’y prenais mal ou est-ce que certains bébés rencontrent des difficultés à téter ?


V.D : Normalement, un bébé sait téter et trouver le sein à la naissance. Mais nous vivons dans un monde où l’on ne laisse plus un bébé trouver seul le sein, on lui prodigue d’abord les « premiers soins ». Du coup le bébé a parfois du mal à retrouver le chemin du sein. Certains bébés ont aussi parfois du mal à téter correctement au début même si c’est une minorité.


Le dressing de Maman : Auriez-vous quelques conseils à  donner aux jeunes mamans en termes de position, de maintien du bébé pour faciliter la mise au sein les premiers temps ?


V.D : C’est important de placer le bébé dans une position dans laquelle il peut développer son mouvement naturel pour prendre le sein. Un bébé qui cherche le sein place sa tête en légère extension arrière et ouvre grand la bouche. Il faut que le mamelon se retrouve alors sous son nez, il le prendra sans problème. Si le bébé lève la tête et que le mamelon se retrouve sous son menton, cela risque d’être beaucoup plus compliqué…

Vous trouverez ici de bonnes vidéos montrant des bébés qui tètent bien : http://www.nbci.ca/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=6&Itemid=13

 

Le dressing de Maman : Et surtout que faire lorsque le bébé ne parvient pas à prendre correctement le sein ?


V.D : Demander de l’aide car le bébé peut avoir une difficulté particulière : frein de langue trop court par exemple. Le plus judicieux est de contacter une consultante en lactation certifiée IBCLC. Vous en avez une liste ici : http://www.consultantenlactation.com/trouver-ibclc/trouver-ibclc.html


Léa : Après l’accouchement, certaines sages femmes proposent une aide à la mise au sein à la maternité, d’autres  préfèrent appeler à l’aide celles qui connaissent, prétendant qu’elles ne sont pas spécialistes de l’allaitement. Si la spécialiste de l’allaitement est occupée, est bien on se débrouille ou on fait patienter bébé (un jeu d’enfant ;-))

Est-ce que l’allaitement n’est qu’une option dans l’enseignement d’une sage-femme ?


V.D : Non, théoriquement toutes les sages-femmes sont formées à l’allaitement. Mais il faut reconnaître qu’en France cette formation n’est pas la même dans toutes les écoles de sage-femme et elle est le plus souvent très nettement insuffisante.

 

Léa : Toujours à la maternité, on m’a proposé les « bouts de seins » en silicone, afin que mon enfant « trouve » plus facilement le sein et tête mieux, étant donné que mes tétons ne ressortaient pas si je puis m’exprimer ainsi…

Pensez-vous que ces accessoires soient vraiment utiles ?

 

V.D : Dans cette indication, ils sont non seulement inutiles mais souvent nocifs car le bébé n’apprend pas à bien téter. Cependant, si personne ne sait vous montrer comment aider votre bébé à prendre le sein, il vaut mieux mettre un bout de sein le temps de trouver l’aide adéquate, plutôt que de laisser tomber l’allaitement. Dans certaines indications très précises, le bout de sein peut être très utile (absence de reflexe de succion par exemple).

 

Léa : J’avais l’impression de ne faire qu’allaiter, toute la journée, et de manière anarchique : toutes les deux heures, puis un long moment de sieste pour bébé, puis toutes les heures et quelques fois toutes les demi-heures, je ne savais pas si c’était normal et surtout si mon bébé mangeait à sa faim.

Existe-t-il une fréquence idéale pour allaiter, les premières semaines, au fil des mois ?

 

VD : Non, il n’y a pas de règle. Toutes les femmes produisent à peu près la même quantité de lait par 24h mais toutes les femmes ne stockent pas la même quantité de lait entre deux tétées. Le bébé d’une mère qui stocke peu de lait devra donc téter plus souvent que le bébé d’une femme qui stocke beaucoup de lait. D’autre part, tous les bébés n’ont pas la même capacité d’estomac et certains bébés ne peuvent pas faire de gros repas, le rythme des tétées sera donc différent d’un bébé à l’autre et d’une mère à l’autre.

Beaucoup de bébés font des tétées « en grappe » : plusieurs tétées assez rapprochées suivies d’une longue plage de sommeil. C’est un rythme tout à fait normal pour un bébé allaité.

 

Le dressing de Maman : Est-il normal qu’un bébé réclame touts les demi-heures ?

 

VD : Toutes les ½ heures pendant 2 heures puis une bonne plage de sommeil, c’est normal. Mais un bébé qui réclame toutes les ½ heures 24h/24, ce n’est absolument pas normal !

 

Léa : Une semaine après l’accouchement, nous avons décidé de partir chez mes parents pour profiter d’une grande maison et ne pas avoir à accomplir les tâches du quotidien. Pour nourrir mon bébé, je me cachais de tous sauf de mon mari, comme si j’avais développé une pudeur poussée à l’extrême…

D’autres mamans vous ont-elles déjà rapporté ce genre de propos ?

 

VD : Oui, cela arrive, chaque femme a un rapport différent à son corps et à ce qu’elle souhaite montrer. Il faut quand même savoir qu’allaiter un bébé en soulevant un polo assez large ne montre absolument rien de votre anatomie puisque la tête de votre bébé cache complètement le sein.

 

Léa : Comment l’expliqueriez-vous ?

 

VD : Je n’ai pas d’explication, je vais discuter de ce genre de situation de manière individuelle en essayant de comprendre avec la mère ce qui se passe pour elle et comment aménager l’allaitement pour qu’elle ne vive pas recluse chez elle.

 

Le dressing de Maman : Pensez-vous que pour démarrer l’allaitement, il est plus sage de rester dans le cercle restreint de son foyer et de ne pas céder à la tentation de « présenter son bébé à  tout le monde » sous peine de se faire envahir des émotions et commentaires d’autrui ?

 

VD : Encore une fois, je pense que cela dépend des femmes. Certaines ont effectivement besoin de préserver une bulle autour d’elles et de leur bébé le temps de prendre ses marques et de se sentir à l’aise. Pour d’autres, ne voir personne les déprime et elles ont besoin d’avoir du monde autour. A chacune de faire ce qui lui convient le mieux.

 

Léa : On ne cessait, surtout les femmes, de me répéter que je n’avais pas assez de lait, car mon enfant réclamait souvent et pleurait beaucoup. J’ai donc pu entendre des phrases du type :

« Tu sais, moi, je n’avais pas assez de lait et j’ai arrêté au bout de 2 semaines, quand il n’y en a plus, il n’y en a plus »

« Tu n’as peut-être pas assez de lait, et puis, regarde, il est plus maigre qu’à sa naissance, ça me donne du soucis »

«  Ma sage femme me disait : Si vous n’avez pas assez de lait donnez un bon biberon à votre enfant et il cessera de pleurer ! »

« Et comment vas-tu faire lorsque tu iras te promener, lorsque tu reprendras le travail ? »

Peut-on ne pas avoir assez de lait ?

 

VD : C’est très rare, réservé à quelques pathologies particulières mais cela arrive. Par contre, ce qui arrive beaucoup plus fréquemment, c’est un bébé qui n’est pas efficace au sein et n’obtient pas le lait disponible. Du coup, il va téter très souvent pour essayer d’obtenir sa ration journalière. De plus il stimulera mal le sein et la lactation risque de diminuer car le sein sera mal drainé. C’est pourquoi il est important d’avoir le bon soutien après la naissance.

 

Léa : L’allaitement n’est-il pas compatible avec une vie à l’extérieur, du moins les premiers temps ?

 

VD : L’allaitement n’oblige absolument pas à rester confinée chez soi. Si le bébé tète bien, on peut allaiter n’importe où. Si l’on rencontre des difficultés pour s’installer en dehors de chez soi, il faut demander de l’aide.

 

Léa : Très fatiguée, mon enfant pleurant beaucoup et souffrant d’une légère déprime post partum,  j’ai subi mais suivi les conseils de l’extérieur, et sous la pression familiale j’ai fini par lui donner un biberon par jour, puis un biberon lorsque des visiteurs venaient nous voir, et au bout de 3 semaines, mon enfant refusait catégoriquement le sein.

L’allaitement mixte est-il vraiment possible en pratique ?

 

VD : Tout dépend de la succion du bébé. Un bébé qui tète très bien et reçoit du lait facilement au sein ne sera en général pas perturbé par un biberon. Par contre un bébé qui n’est pas efficace au sein et à qui on propose un biberon se rend vite compte que celui-ci est plus facile, il peut alors refuser le sein. D’autre part, un bébé qui a une mauvaise succion peut aggraver sa succion avec un biberon.

 

Le dressing de Maman : Comment gérer l’allaitement mixte pour que l’enfant l’accepte ?

 

VD : Déjà vérifier la succion du bébé et l’efficacité de ses tétées. Il faut ensuite apprendre à lui donner le biberon de manière à ce qu’il place sa langue d’une manière la plus proche possible de ce qu’il fait au sein. Enfin, il faut faire en sorte de garder au moins trois tétées par 24h pour que la lactation se maintienne.

 

Le dressing de Maman : Nous nous sommes souvent demandées s'il était possible (techniquement parlant) de reprendre un allaitement correct après un jour, une semaine, plusieurs semaines d’interruption ?


VD : Après un jour, oui. Après une semaine, c’est en général possible. Après plusieurs semaines, tout dépend de la lactation de chaque mère et de la volonté du bébé de reprendre le sein.

 

Léa : Pour mon deuxième enfant, qui est arrivé très vite après le premier, j’ai décidé envers et contre tout d’allaiter le plus longtemps possible, et ce fut une réussite personnelle et de merveilleux moments passés avec ma fille. Je ne me cachais plus, allaitais mon bébé au square, à table, chez mes amis (discrètement, avec un petit lange pour ne pas offrir au public la vue de ma poitrine sur le point d’exploser). Mon bébé était donc collé à moi tout le temps, tétait, s’endormait, re-tétait, se rendormait, ouvrait un œil, re-tétait etc….sans qu’il n’ait eu à se manifester, tout était à sa disposition. Lors de longs repas en famille ou entre amis, ou lorsque je me reposais, c’était très pratique ;-))

 J’ai senti que cela gênait certaines personnes, pas d’un point de vue pudeur, mais plutôt « Pfff encore en train de téter ce bébé, mais est-ce qu’elle va lâcher sa mère et vice-versa »…

Est-ce une réaction fréquente ?

 

VD : Oui c’est une réaction fréquente car nous vivons dans une société qui a tendance à éloigner le bébé de sa mère : tétées à heures fixes, lit séparé dès la naissance, laisser pleurer le bébé, ne pas le prendre dans les bras,… Mais à partir du moment où l’on est parent, tout l’entourage se croit autorisé à faire des réflexions sur sa manière d’élever son enfant, quels que soient les choix des parents. Il vaut mieux fermer ses oreilles.

 

 Le dressing de Maman : J’ai comme la sensation d’une sorte d’intolérance vis-à-vis de l’allaitement.

 

VD : Oui c’est parfois le cas.

 

Léa : J’avais entendu parler de crevasses, et de choses horribles concernant les douleurs liées à l’allaitement. Pour ma part, j’ai eu très mal à chaque tétée les deux premières semaines, au point d’en pleurer, mais je n’avais pas de crevasses, seulement des minis rougeurs presque invisibles, mais que cela faisait mal !

A quoi sont dues ces manifestations douloureuses (crevasses, irritations, rougeurs…) ?

 

VD : Dans 99% des cas, à une mauvaise prise du sein par le bébé. Cela s’arrange immédiatement lorsque l’on corrige le positionnement du bébé par rapport au sein.

 

Léa : Au bout de 8 mois d’un allaitement magique avec ma fille, étant donné que je devais m’occuper de mon premier enfant qui avait alors 29 mois et que mon bébé me réveillait encore trois à quatre fois par nuit pour tétouiller une minute ou deux, sans vraiment manger, j’étais au sommet de la fatigue…Difficile de donner le sein à 6h30 le matin après s’être levée à 2h00 et à 4h00, et de devoir se lever à 7heures car l’aîné réclame biberon, câlins et jeux ;-))

J’ai donc décidé de donner un biberon la nuit pour « caler » l’estomac de mon bébé et dormir un peu, en me disant qu’au bout de 8 mois d’allaitement, un biberon la nuit ne déclencherait pas un sevrage automatique…J’avoue que je commençais également à avoir moins envie d’allaiter, justement à cause de ces innombrables réveils nocturnes…Au bout d’une semaine de ce régime, ma fille ne voulais plus entendre parler d’allaitement maternel, le sevrage s’est donc fait naturellement (pas d’engorgement de mon côté, pas besoin d’avoir recours à des médicaments) mais très rapidement, et ce n’est pas ce que j’aurais souhaité. J’ai donc éprouvé beaucoup de culpabilité.

Comment doit on réagir lorsque le bébé réclame le sein la nuit, mais pas pour manger, juste pour téter, comme il le ferait avec une tétine ou son pouce ?

 

VD : C’est à chaque famille de trouver sa solution. Certaines femmes préfèrent donner le sein en dormant pour être le moins fatiguée possible. D’autres vont proposer une tétine, d’autres vont apprendre au bébé à se rendormir sans téter. Cela dépend également beaucoup de l’âge du bébé : un bébé de moins de 6 mois peut avoir réellement besoin de manger la nuit alors qu’au-delà, on peut considérer que ce n’est plus un repas essentiel.

 

Le dressing de Maman : Pensez-vous qu’une baisse plus ou moins longue de l’envie d’allaiter chez la maman puisse jouer un rôle dans l’accélération du sevrage ? (lait moins nourrissant par exemple, bébé sensible à l’état d’esprit de sa maman).

 

VD : Votre lait ne sera pas moins nourrissant ni moins abondant. Mais si vous n’avez plus envie d’allaiter, vous allez mettre en place un sevrage plus ou moins consciemment : ne plus proposer le sein, retarder les tétées quand l’enfant les demande, écourter les tétées. C’est normal, cela fait partie du processus de sevrage.

 

Léa : J’ai récemment regardé un reportage sur le maternage, le co-dodo et l’allaitement d’enfants jusqu’à 4 ans.

Ce type de « pratique » est-il très répandu ?

 

VD : Il n’existe aucun chiffre. Je rencontre très régulièrement des familles de ce type.

 

Le dressing de Maman : Quels en sont les bénéfices pour les enfants dans leurs premiers mois et après ?

 

VD : Le lait maternel reste un aliment idéal pour l’enfant, quel que soit son âge. Un enfant qui n’a plus besoin de lait maternel arrête de téter tout seul. D’ailleurs on appelle les premières dents, les dents de lait car ce sont les dents que les enfants ont quand ils sont encore en âge de téter…

 

Léa : Est-ce que le fait de dormir avec un nourrisson n’est pas le point de départ d’un engrenage fatal  qui verrait l’enfant investir l’espace réservé aux parents sur le long terme ?

 

VD : Je ne pense pas. Les enfants qui dorment avec leurs parents à volonté réclament tous un jour leur lit et leur chambre. C’est vraiment une question culturelle. Dans certains pays comme le Japon par exemple, on ne laisse jamais un enfant dormir seul. Je pense que c’est à chaque famille de trouver l’arrangement qui lui convient. Personne ne devrait se permettre de juger si cela est bien ou mal.

 

Le dressing de Maman : Est-ce que le fait d’allaiter des enfants qui vont à l’école par exemple et qui ont donc 3 ans et plus,  est une bonne chose dans leur prise d’autonomie, ou leur développement psychologique ?

 

VD : Ce sont en général des enfants qui deviennent très autonomes et sûrs d’eux… mais pas à un an ! On ne remarque pas de problèmes psychologiques particuliers chez ces enfants à long terme. Nous sommes dans une société qui demande à des bébés de deux mois et demi d’être autonomes en crèche par exemple. Cela me parait complètement irréaliste. Un petit enfant n’est pas autonome, il a besoin des adultes et c’est complètement normal.

 

Léa : Existe-t-il un âge « limite » ou une tranche d’âge idéale pour le sevrage ?

 

VD : C’est à chaque famille de vivre le sevrage à sa manière. L’allaitement implique autant la mère que l’enfant d’un point de vue corporel. Il implique également le père dans la place qu’il prend par rapport à cette mère et cet enfant. De toute façon, tous les enfants se sèvrent quand ils n’ont plus besoin de lait maternel. Tous les enfants veulent grandir et ils savent bien que les grands ne tètent pas. Laissons à chaque famille le choix de l’allaitement qu’elle souhaite, qu’il dure quelques semaines, quelques mois ou quelques années.

 

Léa : J’ai entendu suite à ce reportage, des remarques et réactions auxquelles je ne m’attendais pas comme par exemple :

« Cela me choque de voir un enfant de quatre ans en train de téter sa mère »

« Cela fait malsain »

« Cela est incestueux »

« C’est dégeu….. »

« Avec des dents c’est possible ? »

« Allez, un petit coup de sein avant de dormir dans son lit à côté de celui des parents ! »

J’ai trouvé ces réactions assez virulentes.

Au cours de l’exercice de votre métier, avez-vous à répondre à ce type de remarques ?

 

VD : Très rarement. Quand je vois des familles dans lesquelles l’enfant tète longtemps, ce n’est pas ce genre de questions qui se posent.

 

Le dressing de Maman : Trouvez-vous que ces réactions vis à vis d'une pratique naturelle et positive sont légitimes ?

 

VD : Je pense que c’est surtout de l’ignorance face à un allaitement prolongé que l’on ne connaît plus dans nos sociétés. Posez la question à des gens ayant vécu dans les pays d’Europe de l’Est il y a 40 ans, ils ne seront absolument pas choqués, culturellement c’était normal. De même dans beaucoup de régions du monde. De même également en France jusqu’au début du 20e siècle.

 

Le dressing de Maman : Serions-nous alors formatés « contre l’allaitement » par la société actuelle ?

 

VD : Oui… et non puisque l’allaitement revient dans notre société.

 

Le dressing de Maman : Qu’est-ce qui peut faire ressortir de telles réactions chez un individu ?

 

VD : Je ne sais pas exactement, je dirais la peur de l’inconnu, d’une pratique que l’on n’a jamais vécue.

 

Léa : Petite question Beauté : mes seins sont plus petits (j’ai perdu une bonne taille de bonnet) et moins fermes qu’avant mes grossesses, et ils ont tendance à tomber… quel tableau !

Est-ce dû au fait d’allaiter tout simplement ?

 

VD : Les seins varient tout au long de la vie d’une femme. Chaque changement hormonal, chaque grossesse et chaque allaitement vont faire changer les seins, parfois en mieux, parfois pas…

 

Léa : Ou à une mauvaise position lors de l’allaitement ?

 

VD : Non, cela n’a pas d’incidence.

 

Le dressing de Maman : Peut-être est-ce dû aux changements de taille de la poitrine ou des hormones lors de la grossesse ?

 

VD : Les deux. Au cours de la grossesse, que vous choisissiez ou non d’allaiter, vos seins se préparent à l’allaitement : la glande mammaire se développe et repousse les cellules graisseuses. Au cours du sevrage ou si vous choisissez de ne pas allaiter, la glande mammaire involue, votre sein a déjà changé d’apparence. Le changement de volume du sein distant la peau. Si votre qualité de peau n’est pas élastique, vos seins auront plus facilement tendance à « tomber ».

 

Le dressing de Maman : Ou tout simplement au « poids » des années ;-))

 

VD : L’âge joue aussi puisque la peau perd de son élasticité au fil du temps. Mais toutes les femmes ne sont pas égales face à ce phénomène !

 

Et bien voilà, nous arrivons au terme de nos papotages entre filles, avec nos réponses et nos claques aux idées reçues ! Un grand merci à Léa qui a bien voulu partager son expérience de maman et à Véronique pour avoir résisté à notre pluie de questions !

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Quelques mots au sujet de Véronique :

 

Véronique Darmangeat est consultante en lactation certifiée IBCLC, seule certification internationalement reconnue en matière d’allaitement maternel.

Elle a bénéficié de plus de 700 heures de formation et compte plus de 10 ans de pratique.

 

Véronique anime également  "A tire d'ailes", le blog des femmes qui allaitent et travaillent.

 

Elle travaille au soutien à l’allaitement maternel depuis plusieurs années et est maman de deux enfants qui ont tous les deux été allaités...

 


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